L’enjeu est de taille : que dois-je écrire pour accroitre les pages de mon blog ?Quel sujet intéresserait-il les lecteurs de CCV ?Je ne suis pas habitué à écrire sur la demande ou sous une contrainte émanant d’ailleurs. Je suis à cours d’idées. Je dois donc sadiquement éroder ma mémoire pour exiger une matière à transcrire sur le papier. Elle ne réagit pas. Pas même une phrase. Rien. Je me résolus donc à retracer ce que j’ai fait hier matin .Elle s’exécute .Quelle excuse invoquerait –elle ? Elle doit garder toutes fraiches les pérégrinations du jour écoulé…
« Souvent, j’aime à marcher dans la ville sans avoir une destination précise en tête .Je déambule dans les rues et les avenues de Rabat empruntant un itinéraire presque le même à chaque sortie. Hier aussi j’ai réalisé le même trajet à pieds et seul. C’est dire que j’ai là les deux ingrédients d’une randonnée pédestre savante …Je commence par le quartier Hassan que je fréquentais encore gamin. Impossible de passer par ce lieu sans remarquer l’imposant monument datant du XII siècle, la Tour Hassan, un endroit chargé d’histoire et de patrimoine marocain…
A quelques minutes de la Tour, je débouche sur l’église de la ville. Edifice qui ne cesse d’exercer sur moi un certain attrait. Au-delà de la charge spirituelle qui s’y dégage, je le conçois comme révélateur d’une histoire, d’un passé et des personnes. Cette sensation s’accentue à la vue de l’évêché jouxtant l’église. Malheureusement, les autorités françaises l’ont converti en Institut Français, chargé de faire rallier les infidèles à la langue française.
Quand la bouffée spirituelle s’est dissipée, je me trouve à l’Avenue MV. Le spirituel et le matériel se côtoient, au moins dans ma randonnée. Je continue de marcher imperceptiblement dans cette forêt de gens oisifs qui, comme moi, errent sans but précis…
Enfin j’arrive à la librairie aux livres séduisants. Je commence par le rituel de révérences qui consiste à scruter les titres des livres présentés dans la vitrine. Je ne peux pas m’en empêcher. Chaque livre possède une empreinte propre à lui , une certaine identité visuelle que je prends le soin d’analyser. Vient à mon esprit alors la manie que j’avais à sentir les livres, tout enfant .Et je me dis . Quelles odeurs pouvaient-ils dégager? Aurais-je su détecter le contenu rien qu’à travers l’odeur ?. Aurais-je pu humer un certain militantisme ardu dans le livre de Voltaire ?Un romantisme fleurissant dans celui de Stendhal ? Assurément non. Cette réponse m’invite à entrer et à déguster à loisir les livres rangés dans les rayons…
Je sors, un livre à la main et me dirige vers la médina. Là, commencent les sensations olfactives. Des odeurs de tout genre taquinent mon nez, les bonnes et les mauvaises… Au bout de ces dédales de ruelles bondées de gens je débouche sur le fleuve Bouregreg, témoin d’une histoire de vingt siècles de la ville de Salé. Vient à mon esprit le livre de Robert Chastel, dans lequel il retrace la magnifique histoire des corsaires de Salé. Comme pour les imiter, je pris place dans une barque pour traverser le fleuve.Le voyage me gratifie d’une très belle vue et d’une très belle sensation…Au milieu de fleuve sonne mon portable. Déconnexion avec la rêverie. Je hais les portables… »